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Texte de l'article intégral

La Patrie
4 janvier 1911

Demande de rénovation du Marché Bonsecours


On demande qu’il soit chauffé en hiver, qu’il soit pourvu d’un ascenseur, au moins. On veut aussi une remise municipale, etc.

M. Wilfrid Cédilot, l’un des principaux cultivateurs de Saint-Philippe de Laprairie, vient d’adresser aux autorités municipales de Montréal une lettre intéressante, dans laquelle, au nom de la classe agricole, il fait d’importantes suggestions.

Dans l’intérêt des parties intéressées, nous croyons devoir publier le texte même de cette lettre. Le voici :

Montréal, 4 janvier 1910.

À Son honneur le maire et messieurs les commissaires de la cité de Montréal.

Chaque semaine, la population agricole des comtés environnants apporte des produits au marché Bonsecours, où la masse des consommateurs de la ville fait son approvisionnement à meilleur compte que tout partout ailleurs. Il y a profit pour les acheteurs et les vendeurs. Dans l’intérêt des uns et des autres, me permettriez-vous de suggérer certaines améliorations qui paraissent s’imposer. Je suis certaine qu’il me suffira de vous les signaler pour que vous les mettiez à exécution.

Aujourd’hui le marché Bonsecours n’est pas chauffé et n’est muni d’aucun ascenceur. Les cultivateurs sont obligés d’endurer pendant de longues journées les froids rigoureux de l’hiver et de monter, à force de bras ou sur leur dos, leurs produits au deuxième étage. De plus. Il n’y a pas de lavabos dans la grande salle. En outre, les cultivateurs venant au marché partent de chez eux la nuit ou de grand matin, et très souvent il leur arrive, surtout le mardi et le vendredi, de ne pas trouver d’écuries ou de remises pour loger leurs chevaux et voitures qui, forcément, encombrent les rues et gênent la circulation.

Actuellement, on ne permet, en général, la vente de l’avoine, aux environs du marché Bonsecours, que sur la rue Claude. Ne serait-il préférable de permettre la vente de l’avoine au marché à foin, tout en accordant aux cultivateurs le droit d’exposer en vente, à ce dernier endroit, les autres menus produits qu’ils auraient pu y joindre pour former leur charge?

Pour me résumer, Monsieur le maire et messieurs les commissaires, je demanderais : ─

10.─ Le chauffage du marché Bonsecours pendant l’hiver.

20.─ L’établissement d’un ou de deux ascenceurs ou monte-charge.

30. L’installation de deux ou trois lavabos dans la grande salle.

40.─ Une écurie ou remise municipale où, moyennant un certaine loyer, les cultivateurs pourraient loger leurs chevaux et leurs voitures.

50.─ L’aménagement du marché à foin de façon à permettre aux cultivateurs d’y vendre leur avoine.

En vous faisant ces demandes M. le maire, et MM. les commissaires, je suis certaine d’être l’interprète de la grande majorité des vendeurs et des consommateurs qui fréquentent assidûment le marché Bonsecours.

J’en ai causé avec plusieurs maires de paroisses du district de Montréal et tous m’ont déclaré que ces réformes étaient des plus désirables. Je pourrai les convoquer au lieu et à l’heure qu’il vous plairait de fixer si vous aimez avoir plus amples renseignments à ce sujet.

Veuillez accepter, monsieur le maire et messieur les comissaires, l’assurance de mes très respectables sentiments.

            WILFRID CÉDILOT

                        Cultivateur,

            St-Philippe de Laprairie.

 

 

On demande qu’il soit chauffé en hiver, qu’il soit pourvu d’un ascenseur, au moins. On veut aussi une remise municipale, etc.

M. Wilfrid Cédilot, l’un des principaux cultivateurs de Saint-Philippe de Laprairie, vient d’adresser aux autorités municipales de Montréal une lettre intéressante, dans laquelle, au nom de la classe agricole, il fait d’importantes suggestions.

Dans l’intérêt des parties intéressées, nous croyons devoir publier le texte même de cette lettre. Le voici :

Montréal, 4 janvier 1910.

À Son honneur le maire et messieurs les commissaires de la cité de Montréal.

Chaque semaine, la population agricole des comtés environnants apporte des produits au marché Bonsecours, où la masse des consommateurs de la ville fait son approvisionnement à meilleur compte que tout partout ailleurs. Il y a profit pour les acheteurs et les vendeurs. Dans l’intérêt des uns et des autres, me permettriez-vous de suggérer certaines améliorations qui paraissent s’imposer. Je suis certaine qu’il me suffira de vous les signaler pour que vous les mettiez à exécution.

Aujourd’hui le marché Bonsecours n’est pas chauffé et n’est muni d’aucun ascenceur. Les cultivateurs sont obligés d’endurer pendant de longues journées les froids rigoureux de l’hiver et de monter, à force de bras ou sur leur dos, leurs produits au deuxième étage. De plus. Il n’y a pas de lavabos dans la grande salle. En outre, les cultivateurs venant au marché partent de chez eux la nuit ou de grand matin, et très souvent il leur arrive, surtout le mardi et le vendredi, de ne pas trouver d’écuries ou de remises pour loger leurs chevaux et voitures qui, forcément, encombrent les rues et gênent la circulation.

Actuellement, on ne permet, en général, la vente de l’avoine, aux environs du marché Bonsecours, que sur la rue Claude. Ne serait-il préférable de permettre la vente de l’avoine au marché à foin, tout en accordant aux cultivateurs le droit d’exposer en vente, à ce dernier endroit, les autres menus produits qu’ils auraient pu y joindre pour former leur charge?

Pour me résumer, Monsieur le maire et messieurs les commissaires, je demanderais : ─

10.─ Le chauffage du marché Bonsecours pendant l’hiver.

20.─ L’établissement d’un ou de deux ascenceurs ou monte-charge.

30. L’installation de deux ou trois lavabos dans la grande salle.

40.─ Une écurie ou remise municipale où, moyennant un certaine loyer, les cultivateurs pourraient loger leurs chevaux et leurs voitures.

50.─ L’aménagement du marché à foin de façon à permettre aux cultivateurs d’y vendre leur avoine.

En vous faisant ces demandes M. le maire, et MM. les commissaires, je suis certaine d’être l’interprète de la grande majorité des vendeurs et des consommateurs qui fréquentent assidûment le marché Bonsecours.

J’en ai causé avec plusieurs maires de paroisses du district de Montréal et tous m’ont déclaré que ces réformes étaient des plus désirables. Je pourrai les convoquer au lieu et à l’heure qu’il vous plairait de fixer si vous aimez avoir plus amples renseignments à ce sujet.

Veuillez accepter, monsieur le maire et messieur les comissaires, l’assurance de mes très respectables sentiments.

            WILFRID CÉDILOT

                        Cultivateur,

            St-Philippe de Laprairie.