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Texte de l'article intégral

La Minerve
27 janvier 1852

Ouverture officielle de l’Hôtel de ville


La gazette qui veut absolument croire que les ministériels veulent faire de la politique aux élections municipales, invente une raison pour appuyer sa croyance, et cette raison c’est que les ministériels auraient intention de faire changer la recommandation du conseil au sujet du Recorder. Nous pouvons dire à la Gazette que si sa pensée n’a pas de bâses plus solides, elle va crouler bien vite, car nous savons, si que la plûpart de ceux qui se présentent, si non tous, ministériels et autres, sont disposés à s’en tenir à la recommandation du conseil actuel, et à configurer les arrangements pris à cet égard.

Présentation du portrait du maire

Le nouvel Hôtel de ville a été ouvert samedi dernier par une cérémonie forte intéressante. Un grand nombre de citoyens désirant témoigner de leur reconnaissance pour le maire actuel de la cité, Charles Wilson, écr., ont résolu de faire prendre son portrait et d’en faire un don à la corporation. Le projet a été mis en effet ; M.Hamel, notre peintre national, l’a exécuté avec le talent qui le distingue,  et le portrait, a été présenté à notre digne maire samedi dernier en présence d’une grande foule de dames et de Messieurs.

Vers deux heures et demie son honneur le maire ayant pris le fauteuil, le conseiller Montreuil se leva et dit qu’il avait une résolution à proposer qui ne pourrait manquer de rencontrer l’approbation du conseil ainsi que des dames et des messieurs  présents. Cette proposition était d’admettre l’hon. Peter McGill dans la circonscription de la salle destinées au conseil, afin qu’il puisse présenter à la corporation le portrait de son honneur le maire, et que les échevins M. Farlane, Grenier et Benjamin soient nommées pour former un comité et se rendre auprès de ce monsieur et l’introduire au conseil. La résolution passée unanimement, le comité se retira et revient après quelques minutes accompagné de l’hon, Peter McGill, qui, ayant été présenté à Son honneur, prononça l’adresse suivante :

À Messieurs et membres du conseil de ville :

Messieurs.─ Beaucoup de citoyens de Montréal, désireux d’exprimer leur approbation de la manière honnête, efficace et impartiale avec laquelle notre digne maire actuel, Charles Wilson, écuyer, a rempli les devoirs de sa charge, ont fait prendre son portrait de manière naturelle par notre habile artiste national M. Hamel, et m’ont fait l’honneur de me députer pour prier la corporation d’accepter cette peinture, et de lui donner une place distinguée dans la salle du conseil de ville. Sans vouloir faire l’éloge du Maire, il me sera permis de mentionner brièvement quelques uns des actes officiels qui lui ont valu le respect et la confiance de ses constituants, et qui ont inspiré l’idée de lui donner cette marque de considération à ceux dont je suis l’organe en ce moment.

Je puis mentionner d’abord le fait très satisfaisant que les Bons de la cité qui étaient à un escompte énorme sont arrivés à se vendre pour presque la valeur, ─que l’intérêt a dû sur tous les Bons a été payé promptement et ponctuellement, et que le revenu de la cité a considérablement augmenté depuis qu’il est Maire,─ preuves suffisantes en elles-mêmes que la tête du gouvernement de la cité a regardé le crédit public de la cité comme chose de la plus haute importance. Cela peut-être attribué à l’exigence forcée et impartiale du paiement des dettes dues à la cité, démarche par laquelle il a prouvé qu’il est ferme et ne fléchit pas devant les appels personnels, et par laquelle il s’exposait à beaucoup d’impopularité.

Un montant considérable de vieilles réclamations et de dommages qui en étaient la conséquence ont été réglés et payés, et le public doit à son zêle et à sa persévérances plusieurs améliorations importantes en cette cité. Je fais spécialement allusion à l’achèvement et à l’ouverture d’une salle de concert spacieuse et commode dans l’autre aile de cette bâtisse, et à l’arrangement splendide des bureaux publics et du Nouvel Hôtel de Ville, dans lequel mous sommes en ce moment assemblés. La cité peut-être justement orgeuilleuse de ces salles.

Je fais aussi allusion à la disparition des ruines désagréables à voir des anciennes bâtisses de parlement, et l’érection sur cette place d’un marché spacieux, commode et bien disposé offrant aux habitants de la partie Ouest de la cité beaucoup de commodités qu’ils n’avaient pas, et toutes ces améliorations, m’informe-t-on, au lieu d’entraîner des dépenses, seront elles-mêmes des sources de revenu.

En outre, les admirables arrangements du Maire, et ses efforts personnels, infatigables et courageux, en aidant l’officier-rapporteur à préserver la paix dans la cité à l’élection récente de membres de parlement provincial, ont élevé son caractère comme premier magistrat bien haut dans l’estime de ses concitoyens, estime qu’ils lui manifesteront sans doute bientôt pour leurs suffrages.

Finalement, nous considérons que la cité est particulièrement endettée au Maire pour la visite récente, en temps opportun et bien acceptable de Son Excellence le gouverneur général, et l’heureux rétablissement du bon sentiment qui doit exister entre le représentant de la Reine et les habitants de la métropole commerciale du Canada. (Applaudissement.)

Messieurs du Conseil de Ville,

Je crois que vous pouvez tous rendre témoignage de l’habileté du Maire et de son assiduité personnelle aux devoirs de son emploi ;  de sa disposition en toutes occasions de se rendre aux désirs des citoyens et de leurs procurer des jouissances ; et de son urbanité envers tous ceux qui ont eu des relations personnelles avec lui. Je n’ai donc plus (de la part des souscripteurs) qu’à placer le portrait entre vos mains, et qu’à ajouter l’expression de mon espoir que l’intérêt de la cité puisse être dirigé avec une activité et une efficacité semblables à celles qui distinguent le présent conseil de ville. (Applaudissement.)

M. le Maire, ─ Je vous félicite sur la marque d’estime dont vous êtes honoré aujourd’hui.

J’espère vous voir occuper ce fauteuil une autre année, et quand votre place sera remplie par un autre, j’ai la conviction que vous emporterez avec vous, le respect et la bonne opinion de vos concitoyens, que vous méritez bien, et dont vous jouissez déjà maintenant.

Son Honneur le Maire fit alors la réponse suivante : ─

MONSIEUR,─ Vous comprendrez facilement que dans cette occasion, je ne puis trouver des paroles convenables pour exprimer mes sentiments. Mes premiers remerciements sont dûs aux Messieurs qui ont bien voulu considérer mes services publics dignes de mériter un compliment si flatteur et si distingué.

En retour, je dois leur dire que j’éprouve une indicible satisfaction de voir que mes efforts publics pour promouvoir les intérêts, conserver la paix, maintenir et avancer le crédit de la cité, ont rencontré leur approbation. Je regarde ces devoirs comme de la plus haute importance ; c’est à vous, concitoyens, à juger jusqu’à quel point j’ai réussi à les remplir ; mais je puis assurer du fond de mon âme, que j’ai toujours eu à cœur  de m’acquitter de mon devoir sans craintes, avec assiduité et impartialité ; et ce jour me donne la preuve flatteuse que ma conduite a été pleinement comprise et plus que récompensée.

En vérité, je ne puis exprimer la fière satisfaction que j’éprouve d’avoir un témoignage si flatteur de la bonne opinion de mes concitoyens. Je désire cependant qu’on se souvienne que je suis largement endetté à la coopération zélée et à l’assistance bienveillante du conseil-de-ville ; ma connexion avec les membres du conseil a été du caractère le plus unanime et le plus agréable. Je n’ai rencontré aucune opposition factieuse, et des sentiments politiques n’ont dans aucun cas, à ma connaissance, troublé l’harmonie ou paralysé l’efficacité de nos efforts pour le bien public.

Maintenant, monsieur, c’est à vous que je dois ensuite mes remerciements. Je regarde comme un honneur additionnel que vous ayez été choisi pour présenter ce portrait à la cité. Votre ci-devant connexion avec le gouvernement civique comme premier maire, sous la présente charte d’incorporation n’est qu’un des nombreux titres que vos services publics et vos vertus privées vous ont donnés à l’estime de vos concitoyens, titres qu’ils reconnaissent avec orgueil et plaisir.

Votre propre portrait qui est maintenant appendu dans la chambre du conseil de ville nous dit assez l’estime que vous ont portée vos collègues dans la corporation de 1841 et 42 ; et je n’éprouve pas peu d’orgueil que mon portrait soit accepté par la cité et placé à côté du vôtre.

Vous avez fait allusion à la direction et à la position financière de la cité. Il ne me conviendrait pas d’entre dans des détails sur ce sujet, attendu surtout que le rapport annoncé, qui sera bientôt publié, donnera un exposé du tout et sera j’ose croire satisfaisant pour les citoyens.

Il m’est entièrement flatteur de trouver que les arrangements à la dernière élection pour assurer la paix de la cité, ont rencontré l’approbation générale.

Je suis convaincu qu’avec de l’impartialité et de la décision de la part des autorités, jointes à la coopération de nos citoyens intelligents, on pourra en tous temps assurer d’aussi bons résultats.

Quant à la visite de son Excellence, rien ne pourrait être plus flatteur à mes sentiments que d’être le moyen de promouvoir l’harmonie et la bonne intelligence dans la société ; et je ne puis passer sous silence, quoique dans les termes les plus brefs possibles, la franche cordialité avec laquelle son excellence a accepté notre invitation de visiter Montréal, et la confiance généreuse qu’il a reposé dans nos citoyens, confiance qui, je suis heureux de le dire, a été pleinement appréciée et payée de retour par une expression générale de respecte de haute admiration de l’éloquence et des capacités qu’elle a déployées.

Je demande encore la liberté d’exprimer mes obligations personnelles à vous-mêmes et mes sincères remerciements aux souscripteurs pour leur généreuse présentation à la cité.

Son Honneur prit alors son siège au milieu de longs applaudissements.

Sur motion de l’échevin Benjamin, le conseil s’ajourna. Après quoi son honneur le maire invita les Dames et les souscripteurs au portrait, à partager un lunch somptueux qui avait été préparé dans une chambre voisine. Plusieurs santés y furent proposées, assaisonnées des vins les plus délicats. La compagnie se dispersera ensuite, tout-à-fait satisfaite de la fête à laquelle elle venait d’assister.

 

La gazette qui veut absolument croire que les ministériels veulent faire de la politique aux élections municipales, invente une raison pour appuyer sa croyance, et cette raison c’est que les ministériels auraient intention de faire changer la recommandation du conseil au sujet du Recorder. Nous pouvons dire à la Gazette que si sa pensée n’a pas de bâses plus solides, elle va crouler bien vite, car nous savons, si que la plûpart de ceux qui se présentent, si non tous, ministériels et autres, sont disposés à s’en tenir à la recommandation du conseil actuel, et à configurer les arrangements pris à cet égard.

Présentation du portrait du maire

Le nouvel Hôtel de ville a été ouvert samedi dernier par une cérémonie forte intéressante. Un grand nombre de citoyens désirant témoigner de leur reconnaissance pour le maire actuel de la cité, Charles Wilson, écr., ont résolu de faire prendre son portrait et d’en faire un don à la corporation. Le projet a été mis en effet ; M.Hamel, notre peintre national, l’a exécuté avec le talent qui le distingue,  et le portrait, a été présenté à notre digne maire samedi dernier en présence d’une grande foule de dames et de Messieurs.

Vers deux heures et demie son honneur le maire ayant pris le fauteuil, le conseiller Montreuil se leva et dit qu’il avait une résolution à proposer qui ne pourrait manquer de rencontrer l’approbation du conseil ainsi que des dames et des messieurs  présents. Cette proposition était d’admettre l’hon. Peter McGill dans la circonscription de la salle destinées au conseil, afin qu’il puisse présenter à la corporation le portrait de son honneur le maire, et que les échevins M. Farlane, Grenier et Benjamin soient nommées pour former un comité et se rendre auprès de ce monsieur et l’introduire au conseil. La résolution passée unanimement, le comité se retira et revient après quelques minutes accompagné de l’hon, Peter McGill, qui, ayant été présenté à Son honneur, prononça l’adresse suivante :

À Messieurs et membres du conseil de ville :

Messieurs.─ Beaucoup de citoyens de Montréal, désireux d’exprimer leur approbation de la manière honnête, efficace et impartiale avec laquelle notre digne maire actuel, Charles Wilson, écuyer, a rempli les devoirs de sa charge, ont fait prendre son portrait de manière naturelle par notre habile artiste national M. Hamel, et m’ont fait l’honneur de me députer pour prier la corporation d’accepter cette peinture, et de lui donner une place distinguée dans la salle du conseil de ville. Sans vouloir faire l’éloge du Maire, il me sera permis de mentionner brièvement quelques uns des actes officiels qui lui ont valu le respect et la confiance de ses constituants, et qui ont inspiré l’idée de lui donner cette marque de considération à ceux dont je suis l’organe en ce moment.

Je puis mentionner d’abord le fait très satisfaisant que les Bons de la cité qui étaient à un escompte énorme sont arrivés à se vendre pour presque la valeur, ─que l’intérêt a dû sur tous les Bons a été payé promptement et ponctuellement, et que le revenu de la cité a considérablement augmenté depuis qu’il est Maire,─ preuves suffisantes en elles-mêmes que la tête du gouvernement de la cité a regardé le crédit public de la cité comme chose de la plus haute importance. Cela peut-être attribué à l’exigence forcée et impartiale du paiement des dettes dues à la cité, démarche par laquelle il a prouvé qu’il est ferme et ne fléchit pas devant les appels personnels, et par laquelle il s’exposait à beaucoup d’impopularité.

Un montant considérable de vieilles réclamations et de dommages qui en étaient la conséquence ont été réglés et payés, et le public doit à son zêle et à sa persévérances plusieurs améliorations importantes en cette cité. Je fais spécialement allusion à l’achèvement et à l’ouverture d’une salle de concert spacieuse et commode dans l’autre aile de cette bâtisse, et à l’arrangement splendide des bureaux publics et du Nouvel Hôtel de Ville, dans lequel mous sommes en ce moment assemblés. La cité peut-être justement orgeuilleuse de ces salles.

Je fais aussi allusion à la disparition des ruines désagréables à voir des anciennes bâtisses de parlement, et l’érection sur cette place d’un marché spacieux, commode et bien disposé offrant aux habitants de la partie Ouest de la cité beaucoup de commodités qu’ils n’avaient pas, et toutes ces améliorations, m’informe-t-on, au lieu d’entraîner des dépenses, seront elles-mêmes des sources de revenu.

En outre, les admirables arrangements du Maire, et ses efforts personnels, infatigables et courageux, en aidant l’officier-rapporteur à préserver la paix dans la cité à l’élection récente de membres de parlement provincial, ont élevé son caractère comme premier magistrat bien haut dans l’estime de ses concitoyens, estime qu’ils lui manifesteront sans doute bientôt pour leurs suffrages.

Finalement, nous considérons que la cité est particulièrement endettée au Maire pour la visite récente, en temps opportun et bien acceptable de Son Excellence le gouverneur général, et l’heureux rétablissement du bon sentiment qui doit exister entre le représentant de la Reine et les habitants de la métropole commerciale du Canada. (Applaudissement.)

Messieurs du Conseil de Ville,

Je crois que vous pouvez tous rendre témoignage de l’habileté du Maire et de son assiduité personnelle aux devoirs de son emploi ;  de sa disposition en toutes occasions de se rendre aux désirs des citoyens et de leurs procurer des jouissances ; et de son urbanité envers tous ceux qui ont eu des relations personnelles avec lui. Je n’ai donc plus (de la part des souscripteurs) qu’à placer le portrait entre vos mains, et qu’à ajouter l’expression de mon espoir que l’intérêt de la cité puisse être dirigé avec une activité et une efficacité semblables à celles qui distinguent le présent conseil de ville. (Applaudissement.)

M. le Maire, ─ Je vous félicite sur la marque d’estime dont vous êtes honoré aujourd’hui.

J’espère vous voir occuper ce fauteuil une autre année, et quand votre place sera remplie par un autre, j’ai la conviction que vous emporterez avec vous, le respect et la bonne opinion de vos concitoyens, que vous méritez bien, et dont vous jouissez déjà maintenant.

Son Honneur le Maire fit alors la réponse suivante : ─

MONSIEUR,─ Vous comprendrez facilement que dans cette occasion, je ne puis trouver des paroles convenables pour exprimer mes sentiments. Mes premiers remerciements sont dûs aux Messieurs qui ont bien voulu considérer mes services publics dignes de mériter un compliment si flatteur et si distingué.

En retour, je dois leur dire que j’éprouve une indicible satisfaction de voir que mes efforts publics pour promouvoir les intérêts, conserver la paix, maintenir et avancer le crédit de la cité, ont rencontré leur approbation. Je regarde ces devoirs comme de la plus haute importance ; c’est à vous, concitoyens, à juger jusqu’à quel point j’ai réussi à les remplir ; mais je puis assurer du fond de mon âme, que j’ai toujours eu à cœur  de m’acquitter de mon devoir sans craintes, avec assiduité et impartialité ; et ce jour me donne la preuve flatteuse que ma conduite a été pleinement comprise et plus que récompensée.

En vérité, je ne puis exprimer la fière satisfaction que j’éprouve d’avoir un témoignage si flatteur de la bonne opinion de mes concitoyens. Je désire cependant qu’on se souvienne que je suis largement endetté à la coopération zélée et à l’assistance bienveillante du conseil-de-ville ; ma connexion avec les membres du conseil a été du caractère le plus unanime et le plus agréable. Je n’ai rencontré aucune opposition factieuse, et des sentiments politiques n’ont dans aucun cas, à ma connaissance, troublé l’harmonie ou paralysé l’efficacité de nos efforts pour le bien public.

Maintenant, monsieur, c’est à vous que je dois ensuite mes remerciements. Je regarde comme un honneur additionnel que vous ayez été choisi pour présenter ce portrait à la cité. Votre ci-devant connexion avec le gouvernement civique comme premier maire, sous la présente charte d’incorporation n’est qu’un des nombreux titres que vos services publics et vos vertus privées vous ont donnés à l’estime de vos concitoyens, titres qu’ils reconnaissent avec orgueil et plaisir.

Votre propre portrait qui est maintenant appendu dans la chambre du conseil de ville nous dit assez l’estime que vous ont portée vos collègues dans la corporation de 1841 et 42 ; et je n’éprouve pas peu d’orgueil que mon portrait soit accepté par la cité et placé à côté du vôtre.

Vous avez fait allusion à la direction et à la position financière de la cité. Il ne me conviendrait pas d’entre dans des détails sur ce sujet, attendu surtout que le rapport annoncé, qui sera bientôt publié, donnera un exposé du tout et sera j’ose croire satisfaisant pour les citoyens.

Il m’est entièrement flatteur de trouver que les arrangements à la dernière élection pour assurer la paix de la cité, ont rencontré l’approbation générale.

Je suis convaincu qu’avec de l’impartialité et de la décision de la part des autorités, jointes à la coopération de nos citoyens intelligents, on pourra en tous temps assurer d’aussi bons résultats.

Quant à la visite de son Excellence, rien ne pourrait être plus flatteur à mes sentiments que d’être le moyen de promouvoir l’harmonie et la bonne intelligence dans la société ; et je ne puis passer sous silence, quoique dans les termes les plus brefs possibles, la franche cordialité avec laquelle son excellence a accepté notre invitation de visiter Montréal, et la confiance généreuse qu’il a reposé dans nos citoyens, confiance qui, je suis heureux de le dire, a été pleinement appréciée et payée de retour par une expression générale de respecte de haute admiration de l’éloquence et des capacités qu’elle a déployées.

Je demande encore la liberté d’exprimer mes obligations personnelles à vous-mêmes et mes sincères remerciements aux souscripteurs pour leur généreuse présentation à la cité.

Son Honneur prit alors son siège au milieu de longs applaudissements.

Sur motion de l’échevin Benjamin, le conseil s’ajourna. Après quoi son honneur le maire invita les Dames et les souscripteurs au portrait, à partager un lunch somptueux qui avait été préparé dans une chambre voisine. Plusieurs santés y furent proposées, assaisonnées des vins les plus délicats. La compagnie se dispersera ensuite, tout-à-fait satisfaite de la fête à laquelle elle venait d’assister.