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Texte de l'article intégral

La Patrie (2)
9 décembre 1946

Un feu ravage le marché Bonsecours


Fin de semaine tragique, éclairée de lueurs d’incendie : un vaste hôtel flambe à Atlanta où périssent plus d’une centaine de victimes; un autre hôtel connaît un sort analogue à Saskatoon. À Montréal, c’est notre vieux marché Bonsecours qui deviant la proie des flammes. Heureusement, il n’a emporté dans sa ruine aucune vie humaine.

L’immeuble de la rue Saint-Paul et des Commissaires était l’un des monuments les plus pittoresques du vieux Montréal. Sis dans le quartier des importateurs, à deux pas du port et de l’hôtel-de-ville, il accueillait chaque semaines des centaines de maraîchers et de cultivateurs de la region métropolitaine  venant à la grand’ville vendre leurs produits. Les couleurs vives des fleurs égayaient les abords de ces halles où Malherbe eût sans doute voulu qu’on vint découvrir le genie de notre langue. Chaque annéem les pains de sucre et le sirop d’érable apportaient au marché la première note printanière. Et les cris apeurés des volailles promises à un prochain holocauste ajoutaient au tohu-bohu general.

L’état de quasi abandon dans lequel les autorit.s municipals laissaient le marché Bonsecours nous faisait oublier qu’il s’agissait d’un edifice qui avait e uses années de gloire et qui avait encore de l’allure. Son dôme  imposant tranchait sur la banalité des buildings modernes. Le marché s’élevait sur l’emplacement de l’ancien palais de l’intendant français et de la residence de sir John Jonhson, commandant des troupes indiennes pendat la revolution américaine. Il avait, à ses débuts ─ il comptait 105 ans d’âge ─ servi d’hôtel-de-ville. Par la suite, il avait abandonné les soucis administratifs pour se borner à son affectation commerciale et alimentaire.

La structure est encore debout, Sera-t-il entièrement démoli? Se saisira-t-on de l’occasion pour le reconstruire tout en lui conservant son cachet vieillot? Aux autorités municipales d’en decider. Il serait toutefois curieux qu’on voulût se priver de son architecture élégante et imposer au château Ramesay un voisinage d’aspect trop vingtième siècle. Il devrait être possible de concilier le souvenir du passé et les exigencies contemporaines.─ R. D.

Fin de semaine tragique, éclairée de lueurs d’incendie : un vaste hôtel flambe à Atlanta où périssent plus d’une centaine de victimes; un autre hôtel connaît un sort analogue à Saskatoon. À Montréal, c’est notre vieux marché Bonsecours qui deviant la proie des flammes. Heureusement, il n’a emporté dans sa ruine aucune vie humaine.

L’immeuble de la rue Saint-Paul et des Commissaires était l’un des monuments les plus pittoresques du vieux Montréal. Sis dans le quartier des importateurs, à deux pas du port et de l’hôtel-de-ville, il accueillait chaque semaines des centaines de maraîchers et de cultivateurs de la region métropolitaine  venant à la grand’ville vendre leurs produits. Les couleurs vives des fleurs égayaient les abords de ces halles où Malherbe eût sans doute voulu qu’on vint découvrir le genie de notre langue. Chaque annéem les pains de sucre et le sirop d’érable apportaient au marché la première note printanière. Et les cris apeurés des volailles promises à un prochain holocauste ajoutaient au tohu-bohu general.

L’état de quasi abandon dans lequel les autorit.s municipals laissaient le marché Bonsecours nous faisait oublier qu’il s’agissait d’un edifice qui avait e uses années de gloire et qui avait encore de l’allure. Son dôme  imposant tranchait sur la banalité des buildings modernes. Le marché s’élevait sur l’emplacement de l’ancien palais de l’intendant français et de la residence de sir John Jonhson, commandant des troupes indiennes pendat la revolution américaine. Il avait, à ses débuts ─ il comptait 105 ans d’âge ─ servi d’hôtel-de-ville. Par la suite, il avait abandonné les soucis administratifs pour se borner à son affectation commerciale et alimentaire.

La structure est encore debout, Sera-t-il entièrement démoli? Se saisira-t-on de l’occasion pour le reconstruire tout en lui conservant son cachet vieillot? Aux autorités municipales d’en decider. Il serait toutefois curieux qu’on voulût se priver de son architecture élégante et imposer au château Ramesay un voisinage d’aspect trop vingtième siècle. Il devrait être possible de concilier le souvenir du passé et les exigencies contemporaines.─ R. D.